Halley
Little Mamma

« A quand le petit deuxième ? »

« A quand le petit deuxième ? ». La pire phrase que j’ai pu entendre durant ces dernières semaines. Car oui, à peine ai-je pris en main mon rôle de mère qu’on me parlait déjà de nouvelle grossesse. Je me suis sentie agressée et considérée comme une poule pondeuse. J’avais juste envie de profiter pleinement de cette enfant et de ce que je pouvais lui donner.

Attention je ne critique pas les mamans d’enfants rapprochés et je ne les qualifie pas de poules pondeuses ! Je parle de MON ressenti à l’instant T. Cet article n’engage que moi.

La société actuelle nous pousse à nous justifier sur les choix que nous faisons. « Pourquoi tu ne veux pas d’enfant ? Pourquoi un seul? Mais ta fille va être malheureuse seule »

Eh bien c’est simple : c’est notre vie et nos choix nous appartiennent.

Du coup, je vais t’expliquer pourquoi aujourd’hui, je ne projette pas une troisième grossesse (et un deuxième enfant).

 

Etre maman était mon/notre choix

J’ai trèèèèès longtemps harcelé Pierre pour avoir un enfant. Mon « rêve » était d’être maman avant mes 30 ans. No reason.

Durant l’été 2018, j’ai eu des problèmes de poids qui m’ont poussés à arrêter la pilule et à ne pas la reprendre. Pendant des mois, j’ai travaillé Pierre au corps pour au moins amorcer la discussion du projet bébé. Le jour de mes 28 ans en 2019 (et ça personne ne le sait), il m’a offert une carte sur laquelle était marqué « Et si nous étions un de plus l’année prochaine ? ». Il était enfin prêt à essayer d’avoir un enfant. Même si nous n’étions pas certains que ça prenne rapidement, c’était sincèrement le plus beau cadeau qu’il m’ait fait. Et tu connais la suite : je suis tombée enceinte pour la première fois trois mois plus tard puis une seconde fois dans les semaines qui ont suivi.

 

J’ai aimé (à 85%) être enceinte et accoucher

C’était génial, hors les trois premiers mois angoissants, d’avoir ma fille que pour moi. L’occasion de créer ce lien magique et indescriptible est une réelle bénédiction dont j’ai pris rapidement conscience. Je me suis sentie privilégiée de pouvoir sentir ses coups quand je lui parlais et de lui partager ma passion par la musique latino et elle la « danse » —> ça ressemblait plus à de la boxe en y réflechissant.

Où sont les 15% manquants ? Dans les insomnies qui sont très vite venues ponctuer mes nuits (dès la première grossesse d’ailleurs). Dans mes jambes qui ressemblaient aux poteaux de Koh Lanta et ma démarche de baleine. Ca m’a d’ailleurs valu quelques moqueries de mes copines – depuis j’ai pu me moquer d’elles à mon tour #TeamMammas.

Globalement, je ne garde que de bons souvenirs de ces quelques mois merveilleux et même de mon accouchement (même si rapide et douloureux). Cela restera des moments inoubliables dont je me souviendrais encore longtemps.

 

Pourquoi un seul enfant et pas deux ?

Il n’y a pas de raison particulière qui fasse que je ne veuille qu’un enfant. C’est mon envie du moment.

A l’heure actuelle, j’ai simplement trouvé mon équilibre. Je commence à refaire des nuits complètes régulièrement (avec en général un « réveil » tétine qui dure 2 sec), je me sens de plus en plus à l’aise avec Halley. Et puis plus elle grandit, plus la communication est intéressante. On discute, on joue, on rigole. Bref. Je prends un réel plaisir à passer du temps avec elle (non pas que ce n’était pas le cas auparavant). On continue d’apprendre à se connaitre et chaque jour me permet créer de nouveaux liens avec elle.

Honnêtement je ne me sens pas psychologiquement de retourner dans l’angoisse de la grossesse, la prise de poids (déjà que j’ai quasi repris tous mes kilos de grossesse so ..). Même si, comme je le disais avant, j’ai aimé être enceinte. Cette décision, mon mari la connaît et l’accepte. Lui nous verrait bien avec un petit deuxième (un garçon dans ses rêves les plus fous) pour compléter définitivement notre famille. Mais plus tard car lui non plus n’est pas prêt à revivre les coliques des premières semaines. Pour le moment, on est bien tous les trois.

 

A quand le petit deuxième ?

Néanmoins, ce n’est pas une décision ferme et définitive. Il m’arrive tout de même de penser à ce que pourrait être notre famille à quatre. Donner à Halley un frère ou une soeur, les voir évoluer ensemble. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui, je n’en veux pas que je n’en voudrais jamais. Je veux juste prendre mon temps, réfléchir et décider de la meilleure option pour moi ou ma famille.

J’aimerais juste que les gens autour de nous nous laisse ce temps nécessaire, sans nous précipiter. Je trouve ça oppressant cette manie de demander à une jeune maman quand elle refera un autre enfant. Pardon mais mon corps ne s’est pas remis de ma grossesse qu’il faudrait que j’y retourne ? Il faudrait que je revive ces insomnies de grossesse tout en essayant de me reposer pour m’occuper de mon autre enfant ?

Stop.

Si j’avais un autre enfant maintenant, j’aurais l’impression de mal m’occuper des deux par manque de sommeil, de patience et de temps. Alors ce deuxième enfant viendra quand nous l’aurons décidé et pas avant.

 

Le mot de la fin

Je ne souhaite pas qu’on comprenne mon choix mais juste qu’on le respecte. Mais surtout qu’on respecte le choix des jeunes femmes. Nous sommes libres de vouloir ou non des enfants, d’en vouloir un ou trois. Je suis libre de décider de ce que je veux pour mon corps sans avoir à faire face aux jugements des autres ou à me justifier. Cette pression incessante a très certainement nourri cet état de dépression dans lequel j’ai plongé lentement durant plusieurs semaines. Et c’est surement le cas de plein d’autres jeunes mamans. Alors s’il vous plait, laissez-nous respirer et profiter de l’enfant qui est là. On verra plus tard pour l’éventuel petit deuxième.