Little Mamma

Mes premiers pas de maman à la maternité

Devenir maman c’est compliqué, ça ce n’était pas une surprise. Les premiers pas dans cette nouvelle vie ont été difficiles à vivre par moment. J’ai décidé de partager avec toi mon expérience à la maternité. Tout ça pour montrer ce que sont les premiers instants en tant que maman, sans édulcorant. Les réseaux sociaux nous culpabilisent avec toutes ces mamans « parfaites » qui semblent gérer leur nouvelle maternité avec aisance et sans couac… Alors autant dévoiler la vérité. Allez c’est parti , retour sur mes tous premiers jours en tant que young mum !

 

L’allaitement

La mise en place

Dans mon projet de naissance, j’avais fait le choix d’allaiter au sein si mon corps me le permettait évidemment. Malheureusement la réalité a été toute autre.

Comme je te l’ai raconté dans l’article précédent sur mon accouchement, j’ai donné naissance à ma fille en fin de matinée le 3 juillet dernier. J’étais épuisée après tous ces efforts mais j’ai accepté de donner la tété d’accueil à Halley. Je sais que le colostrum (le premier lait) est concentré en anticorps alors la question était vite répondue (ahah). Mais je ne savais pas si j’étais en capacité d’allaiter.

La toute première sensation est étrange : ça tire, ça fait un peu mal mais c’est largement supportable. Elle a un peu de mal téter au début alors je dois insister et tester plein de positions différentes pour qu’elle puisse se nourrir. Par contre, au fur et à mesure des tétées, je commence à avoir mal, ce n’est plus du tout agréable de lui donner à manger. Mais pour son bien, je continue de l’allaiter au sein.

Les jours passent et les visites des sages-femmes ou auxiliaires de puériculture s’enchainent. Le couperet tombe : elle a perdu pas mal de poids depuis sa naissance. Presque les 10% max qu’un bébé peut perdre entre sa naissance et sa sortie. Je me demande si elle a eu assez de colostrum pour être en bonne santé.

Et si je n’y arrivais finalement pas ?

Si elle ressentait le fait que je n’étais plus du tout à l’aise lorsque je la mets au sein ?

Les questions se bousculent dans ma tête et la douleur physique empire puisque j’en arrive, après deux jours d’allaitement, à saigner. A ce moment là, il n’est plus envisageable pour moi de continuer à la mettre au sein, pour moi et pour elle également. Un véritable échec dans mes débuts de maman.

 

La douleur psychologique

C’était déjà dur pour moi de savoir que je n’étais pas capable de nourrir correctement ma fille et certaines sages-femmes ne m’ont pas aidée à me sentir mieux. (Je parle ici de certaines personnes, pas toutes évidemment.)

Quand j’ai évoqué le fait qu’allaiter au sein me faisait mal et engendrait des saignements, j’ai été confronté à plusieurs discours :

  • « On va essayer les bouts de sein en silicone » : sous les conseils de ma sage-femme, je tente cette solution qui ne convient pas du tout à ma fille. La sensation du silicone et la grosseur de la tétine la dérange et elle se met à hurler sans boire quoi que ce soit.
  • « On va tenter la paille » : c’est une méthode qui dupe les bébés en fait. On met un mini tuyau dans la bouche du bébé quand il tète le sein pour lui faire croire que le lait artificiel provient du sein et non du biberon qu’on tient dans la main. Echec total. Elle ne prend rien et c’est pas du tout pratique.

Malgré ces vaines tentatives, on m’encourage à persévérer car « ce serait dommage de ne pas allaiter au sein quand même ». Tout cela au détriment de mon total confort personnel. Je souffre énormément et finit par faire une crise de larmes une nuit lors de la visite d’une sage-femme. Celle-ci m’écoute enfin, elle prend le temps de me rassurer et me dire que je ne suis pas une mauvaise maman parce que je n’arrive pas à allaiter au sein. « Cela arrive et ce n’est pas grave ». Là elle me dit qu’on peut donner de petits biberons à Halley pour être certaine qu’elle mange et aussi pour me soulager tant physiquement que psychologiquement. Elle me propose également d’utiliser un tire-lait si j’en ai envie pour lui donner mon lait.

Enfin ! On m’avait enfin écoutée !! Je me sentais soulagée d’un poids énorme à la veille de mon départ de la maternité. Mais je n’avais toujours qu’une hâte : rentrer chez moi et gérer mon allaitement comme je le souhaitais.

 Petite précision : tirer son lait et le donner au biberon à son bébé est aussi une forme d’allaitement. On ne parle que de l’allaitement au sein et jamais de celle-ci. Ce tabou renforce ce sentiment de culpabilité lorsqu’une maman ne parvient pas à allaiter au sein.

Les premières nuits à la maternité en tant que maman

Après deux nuits avec Pierre à mes cotés en attendant l’accouchement, je me retrouve le vendredi soir seule pour la première fois avec ma fille. Vais-je m’en sortir ? Suis-je capable d’y arriver ? Clairement dans mon esprit c’est la panique car je ne me suis jamais occupée d’un enfant en bas âge aussi longtemps et seule.

La première nuit, cela s’est pas trop mal passé : Halley dormait dans son berceau et se réveillait environ toutes les deux heures pour manger ou pour un changement de couche. C’est dur mais le rythme est supportable (et de toute façon je n’ai plus le choix !). Une fois repue et propre, elle se rendormait dans mon lit ou le sien tandis que je passais encore plusieurs longues minutes à l’admirer (au lieu de dormir…)

Celles d’après ont été plus intenses : elle hurlait malgré la couche propre et le ventre plein. Elle hurlait tellement que j’en paniquais, j’avais peur qu’on fasse trop de bruit pour les chambres voisines. (Oui on pense à des trucs idiots dans ce type de moment). Et les pleurs la nuit, crois-moi c’est encore plus angoissant que pendant toute autre période de la journée.

J’avais beau tout essayer, rien ne la calmait. J’ai fini par appeler une sage-femme adorable qui m’a montré comment soulager ma fille grâce à différents massages de son ventre. Voici les premières coliques – on applaudit bien fort ! Pour une adaptation en douceur de mon nouveau rôle de maman, c’est raté !

Finalement malgré mon angoisse permanente, je pense m’en être plutôt bien sortie pour une débutante !

 

Les soins pour bébé

Quelques heures après avoir accouché, j’ai été assénée d’une tonne d’informations concernant les soins pour Halley : la prise de température régulière les premiers jours, comment lui laver le visage, le corps … WOW ! Je n’étais clairement pas en capacité de tout écouter et retenir quoi que ce soit. Pierre s’en est donc chargé pour moi. Retour sur les bancs de l’école des nouveaux parents.

Mon plus gros à priori c’était de donner le bain. Je ne sais pas pourquoi mais j’avais peur de la lâcher et qu’elle se cogne la tête ou qu’elle se noie. Donc durant tout le séjour à la maternité, j’ai laissé Pierre s’en charger puisqu’il était nettement plus à l’aise que moi sur cette tâche.

Au fur et à mesure de mon séjour à la maternité, j’ai pu prendre confiance en moi et donner les soins seule à Halley.

 

Premières visites

Crise sanitaire oblige, les visites sont limitées à deux personnes par jour avec un masque. Avec le recul, j’étais contente qu’il n’y ait pas la queue pour voir la petite. J’étais tellement épuisée que je voulais profiter de ce calme pour reprendre des forces doucement. Nous avions donc limité les visites à la famille et amis proches. Ce fut des moments privilégiés durant lesquels Halley semblait apaisée et nous aussi.

 

Si c’était à refaire ?

Lors de ce séjour je regrette de ne pas avoir été plus ferme quant à mon choix d’allaitement. Tirer son lait est aussi une forme d’allaitement et il ne faut pas en avoir honte. J’aurais dû insister pour que ma décision soit respectée mais avec les hormones, la fatigue et la peur de mal faire, je me suis laissée déborder. Si tu es dans cette situation, n’hésite pas à passer le message à ton compagnon pour qu’il puisse faire respecter ton ou tes choix si tu ne t’en sens pas capable.

Tu es jeune maman, certes mais toi seule sent ce qui est bon pour toi et ton enfant. Alors ne doute de rien et impose toi !

J’aurais aimé qu’on m’accompagne et non pas qu’on me persuade qu’il y a une meilleure solution que la mienne. Cette situation m’a totalement déstabilisée et a gâché une partie de mon début de maternité. N’hésite surtout pas à en parler, ne reste pas enfermée dans des choix qui ne sont pas les tiens.

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