Little Mamma

Mon accouchement : de Madame à Maman

Me revoilà avec un nouvel article qui entraîne la création d’une nouvelle catégorie dans le blog : Little Mamma. Et oui, je suis devenue maman il y a quelques jours ! J’ai pris un peu de temps pour écrire ce billet sur mon accouchement pour le raconter du mieux possible. Cela sera surement l’un des articles les moins bien écrits : je l’ai écrit quatre jours après l’accouchement pour essayer de garder un récit authentique. Retour sur le jour le plus important de notre vie.

 

Les jours avant l’accouchement

 

Mercredi 1er juillet

Ce matin la je me sens fatiguée, vidée de toute énergie. Néanmoins, il faut que je m’active un peu pour ranger la maison. Me voilà partie dans une session aspirateur / rangement de linge toute la matinée.

Une sensation bizarre m’envahit en fin de matinée. Je suis comme prise d’un doute : je pense avoir fissuré la poche des eaux dans la nuit. Je n’en suis pas certaine. J’en discute dans l’après-midi avec une jeune maman sur Instagram qui a fissuré la poche des eaux. Tout de suite, elle me conseille d’aller à la maternité juste pour être sure. Au pire, j’aurais fait cinq minutes de marche pour rien !

J’appelle donc la salle d’accouchement pour les informer de mon arrivée. La sage-femme au téléphone me dit que j’ai le temps, que je peux prendre une douche. Je traverse donc la rue pour me rendre à la clinique (pratique hein!). Là-bas, on me fera un monitoring de contrôle et un test pour savoir si je perds du liquide amniotique ou non. A 16h, j’appelle mon mari calmement mais un peu hébétée « Bon bah ils me gardent. J’ai fissuré … » Lui heureux comme jamais écourte sa journée de travail pour me rejoindre rapidement. La prochaine fois que je sortirais de la maternité, ce sera avec notre fille ! accouchement

La sage-femme m’explique qu’un antibiotique doit m’être administré par cathéter toutes les 8h pour éviter les infections comme ma poche est fissurée depuis plus de 12h. Ensuite, elle ajoute que si mon col n’est pas modifié avant le lendemain, je devrais être aidée par médicament pour accélérer le travail.

Vers 20h, je passe une nouvelle fois un monito. Ce dernier indique de fortes contractions mais moi je n’en sens que peu. La sage-femme de nuit me dit qu’il n’est pas impossible que tout se mettent en place dans la nuit et que je peux ne pas avoir besoin d’être déclenchée.

 

Jeudi 2 juillet

00h40 : monito de la nuit aka l’interminable… de petites irrégularités au niveau du rythme cardiaque de la petite font que je vais rester sous surveillance deux heures. On me prévient que je dois être en salle de travail à 6h pour l’éventuel déclenchement. Courte nuit en prévision…

Il ne s’est malheureusement rien passé cette nuit là. Me voilà en salle de travail à 7h pour un nouveau monitoring, des antibiotiques et le tampon de prostaglandine pour déclencher le travail. En réalité, il s’agit de faire mûrir le col de façon médicamenteuse. Rien de douloureux : le tampon est inséré et laissé durant 24h. Pendant ce laps de temps, le travail est censé démarrer pour aboutir à l’accouchement.

Une heure après sa pose, je sens enfin des contractions mais supportables. Elles le sont tellement que je sais que les vraies sont très loin encore. Avec Pierre, nous sommes dans l’incertitude totale : Vais-je accoucher aujourd’hui ? Demain ? Et si le déclenchement ne marche pas, je vais devoir être césarisée ?

La journée nous semble tellement longue … On trouve de quoi s’occuper : on descend faire plusieurs fois le tour du parking de la maternité pour amorcer le travail. Notre balade n’est pas grande mais je dois m’arrêter souvent à cause des contractions. J’ai l’air d’une grand-mère qui déambule ! Le pompon de cette journée interminable ? Le repas du soir : un gaspacho insipide, des épinards et un far aux pruneaux … Pourquoi on me punit ?! Heureusement que Pierre m’a rapportée en douce un Babybel et une glace à la vanille pour me réconforter.

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Le jour de l’accouchement

 

Vendredi 3 juillet

C’est à 3h45 du matin que tout bascule. Réveil en sursaut par un mal de dos incroyable. Encore une fausse alerte … jusqu’à ce qu’une nouvelle douleur se fasse sentir puis encore une autre. Je crois que c’est le moment. Je réveille mon mari qui dort sur 2 fauteuils depuis la nuit précédente. Oui enfin je le réveille … J’ai quand même presque dû crier son prénom pour qu’il ouvre un oeil ! (Ça promet pour la suite !). J’appelle la sage-femme dans la foulée qui me pose un monitoring et me fait un examen. Ces derniers confirment mon pressentiment sur un début de travail. On est excités avec Pierre, on se dit que notre Mimi va bientôt rencontrer ses parents. Ça nous parait complètement fou ! Mais le chemin est encore long !

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Le début du travail

Les douleurs s’intensifient au fil des heures. Je passe de très longues minutes sous une douche bien chaude pour tenter de faire passer les contractions. Ça me fait du bien, j’ai l’impression de moins les sentir. Je finis par obtenir, vers 7h, l’autorisation d’accéder au bain de la maternité après deux monitorings. Quel soulagement ! Ça faisait si longtemps que je n’étais pas rentrée dans une baignoire aussi grande et surtout dans laquelle je pouvais être à l’aise ! J’y reste environ une heure et demie avant que ma poche des eaux ne se rompe enfin. Et là … C’est clairement une autre histoire.

Les contractions sont rapprochées et extrêmement violentes. J’ai à peine le temps de réfléchir après une contraction qu’une autre arrive derrière. Je tente de mettre en application tant bien que mal mes cours de sophrologie. Pierre me coache comme un chef et grâce à lui, je garde le contrôle. Mon corps se tend, se raidit à chaque fois. Je n’arrive plus à respirer ni à parler. Je sens le liquide amniotique me couler entre les jambes mais j’ai l’impression de perdre totalement le contrôle de mon corps et de me faire pipi dessus. (On repassera pour le glamour).

Je prends la direction la salle d’accouchement pour la péridurale à 9h33 après un énième examen m’indiquant une dilatation à 3 cm. Pas totalement finalement. L’une des sages-femmes me dit qu’il faut que je laisse le bébé faire un petit bout de chemin seul avant la péri. Je n’en peux plus, j’ai mal, je veux que ça s’arrête vite ces douleurs. Mais je dois attendre l’anesthésiste qui est en salle avec une maman dilatée à 6 cm pour son 3e enfant. « Ça ira vite, il arrive dans 10 minutes ».

 

La péridurale

Ok c’est bon je vais tenter de gérer cette douleur indescriptible, tellement forte que j’en ai des spasmes incontrôlables à en hurler (ce que je n’ai pas fait étonnamment). Elles sont longues ces 10 minutes non ? 15 minutes passent, puis 20 et finalement 40 minutes après il arrive pour cette péridurale que j’attends impatiemment.

On fait sortir Pierre, qui va prendre des forces avec un thé extra sucré et je reste seule avec une sage-femme et l’anesthésiste. Je dois faire le dos rond et garder mes mains sur mes genoux pour ne pas contaminer les champs stériles. Je sais qu’il me pique trois fois car « ça bute » mais je ne sens rien tellement je suis concentrée sur cette douleur indicible. Il m’explique toutes ses manipulations, me rassure et m’encourage à continuer comme je le fais. Ça y est, elle est posée. On commence à plaisanter : il me dit « vous allez voir, c’est magique. La première contraction sera toujours aussi violente, la seconde plus douce et à la troisième, ça sera le paradis ! ». Je rigole mais il avait raison ! Je ne souffre plus mais je ressens tout : mes jambes, bébé qui gigote … J’ai fait le bon choix pour continuer mon accouchement.

Pierre entre de nouveau dans la salle pour me driver jusqu’à la ligne d’arrivée. Heureusement qu’il est là pour que je garde le contrôle sinon il y a bien longtemps que j’aurais hurlé à la mort que je voulais tout arrêter. Ça s’intensifie, ça en devient insupportable. Je dis alors à la sage-femme que j’ai envie de pousser. Elle me regarde d’un air « Oui mais bien sûr » et me dit qu’il faut j’attende.J’insiste, j’ai REELLEMENT envie et besoin de pousser – d’après Pierre j’ai dit que j’avais hyper envie de déféquer (J’ai réussi à rester polie malgré la douleur ?!). Du coup, elle décide de m’ausculter quand même en me disant que je dois être à 6 cm pas plus. SURPRISE ! Je suis déjà à dilatation complète !

Hein ? En 30 minutes je suis passée de 3 à 10 cm ?!

J’en reste hébétée un instant tellement cela me semble rapide.

 

La poussée

Elle me dit d’attendre avant de pousser pour laisser la petite descendre de façon naturelle grâce aux contractions. Ça lui permet aussi de s’installer et de se préparer. Pour être certaine, elle me demande de  tenter une poussée : c’est le moment, elle amorce enfin sa descente !

J’ai son accord définitif, elle me dit de bloquer ma respiration et de pousser le plus fort possible. Je n’entends personne d’autre que mon mari désormais. La descente de bébé avance à la vitesse d’une tortue et j’ai la sensation de pousser dans le vide même si j’y mets toute ma force. Mais Pierre a trouvé LA phrase qui m’a littéralement transcendée et donné l’énergie nécessaire pour faire avancer bébé.

Malgré tous mes efforts, le gynécologue me dit que le périmètre crânien est un peu trop important pour passer sans faire de dégâts et me demande si je souhaite faire une épisiotomie. Je réponds immédiatement oui  sans réfléchir. Sa question m’a surprise. Mais il m’a mise en confiance pour les toutes dernières minutes de mon accouchement. Il prend aussi le temps de m’expliquer ce qu’il doit faire, entre deux poussées, pour que je sois pleinement consciente de chacun de ses faits et gestes. 

Une fois l’épisiotomie faite, je dois me remettre au travail et pousser. Je dois pousser encore deux ou trois fois. J’y vais une première fois, elle avance ! On me dit même qu’elle est là et que je peux la toucher si je veux. Je m’exécute sans appréhension et clairement ça m’a aidé à me donner encore plus alors que je me croyais sans énergie.

A la deuxième, on me demande d’arrêter de pousser. « Ça y est, elle est là », Mon mari pleure déjà et moi j’hallucine complètement. Dernière poussée pour les épaules … Elle est là, vraiment là. Je vais la récupérer avec mes mains tremblantes et là je réalise que je viens de mettre au monde notre fille Halley à 11h16. On pleure beaucoup, on se dit qu’on s’aime et qu’on l’aime tellement fort.

Finalement mon accouchement a duré 3h20. C’était plutôt rapide comme me l’ont confirmé mon médecin et mon obstétricien grâce au déclenchement. Mon accouchement était cent fois mieux que ce que j’ai imaginé ! J’avais eu un tas d’aprioris sur l’accouchement : la douleur de la péri, l’épisiotomie, le fait de gérer les contractions … Et au final, toutes ces peurs étaient complètement infondées !

Désormais,  j’ai une vie entière pour mesurer la chance que j’ai eu ce 3 juillet 2020 …

 

Je t’aime au-delà des étoiles ma Comète

 

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